Lettre de la Présidente de l'AFEM

Chers collègues, chers ami(e)s,

La 2° décennie de notre jeune XXI° siècle est en train de s’achever, le solstice d’hiver est passé et les jours rallongent, le mois de février est déjà à mi-course…et je ne vous ai pas encore présenté mes vœux ! Et pourtant, vous n’imaginez pas tout le bien que je vous souhaite, ou devrais-je dire que je nous souhaite ? J’espère que cette année apportera à chacun d’entre nous ces moments privilégiés qui sont le sel de l’existence, et permettent d’en supporter les vicissitudes, mais je forme encore d’autres vœux, plus collectifs ceux-là, et vous vous doutez bien de leur cible ! Oui, vous avez deviné, des vœux pour notre Société, l’AFEM , cette belle quarantenaire dont j’ai l’honneur et le plaisir d’être la présidente depuis novembre 2009. En notre époque de recherche de parité et de changement dans la continuité, une Présidence féminine a recueilli tous les suffrages ! Tout en remerciant chaleureusement mes collègues et amis de la confiance qu’ils m’ont accordée, oserais-je avouer que mes sentiments sont mitigés : en effet, j’ai toujours beaucoup apprécié l’amitié et la cordialité de nos réunions de travail comme de nos journées, j’y venais en toute quiétude et voilà que cette nouvelle responsabilité –car c’en est une- est pour moi source de soucis, d’intranquillité comme on aime à l’appeler aujourd’hui ! Mais en ce début d'année, il n'est pas encore trop tard pour prendre de bonnes résolutions, aussi vais-je vous confier les miennes, qui sont les nôtres : nous allons ensemble œuvrer comme toujours, avec la même ardeur, pour vous apporter de l’ancien et du nouveau, pour que continue cet heureux mélange de travail, d’échanges, de communauté d’intérêts et de plaisir qui –depuis des décennies- me semble caractériser l’AFEM, même si quelques couacs se produisent parfois, comme dans la « vraie vie » d’ailleurs. Et si, sur fond de crise, nos Journées, ces fameux rendez-vous de novembre, vous manquent, nous vous proposons de vous prendre au jeu, de participer, et de lancer des idées si vous en avez envie, via courrier ou courriel. Allez aussi sur notre/votre site (www.menopauseafem.com) qui attend vos visites. Une Newsletter (pardon pour le franglais, préféreriez-vous un « bulletin » ?) fait partie de nos projets, pourquoi pas des vôtres

Voilà, ce qui m’a d’abord paru un pensum lié à ma fonction est devenu un plaisir, celui de m’entretenir avec vous tous et toutes, ceux et celles que je côtoie régulièrement à l’AFEM et ailleurs, comme ceux que je ne connais pas encore. Encore bonne et belle année et à bientôt le plaisir de vous lire, de vous entendre, ou tout simplement de faire connaissance.

Docteur Michèle LACHOWSKY (Présidente de l'AFEM)

 

Qu'est-ce que la ménopause ?

La ménopause se définit par l'arrêt définitif des menstruations résultant de l’arrêt de l'activité folliculaire des ovaires. Etymologiquement, le terme ménopause vient du Grec mênos, mois et pausis, cessation.

La postménopause ou ménopause confirmée est la période qui suit la périménopause et se poursuit jusqu'à la fin de l'existence.   

Il existe 2 types de ménopause:- la ménopause naturelle spontanée- la ménopause artificielle: le plus souvent chirurgicale et plus rarement par irradiations ou chimiothérapie. Il existe aussi des états ménopausiques transitoires induits par chimiothérapie ou traitements par analogues du LH-RH.

Si le terme ménopause signifie arrêt des règles, ce signe objectif n'en constitue qu'une des multiples facettes : la ménopause provoque en effet de nombreuses transformations hormonales et physiques. Elle soulève en outre bien d'autres problèmes non médicaux, en particulier socioculturels.

Il y a en France, environ 11.500.0000 femmes ménopausées. Si on y ajoute les deux millions et demi qui sont en préménopause, on peut considérer que treize à quatorze millions de Françaises sont concernées, ce qui fait de la ménopause un problème médicosocial majeur.

Depuis le début de ce siècle, l'espérance de vie s'est en effet considérablement accrue et avoisine quatrevingts cinq ans chez la femme. Aujourd'hui, vous pouvez donc espérer vivre près de 35 années au-delà de la ménopause, c’est-à-dire presque aussi longtemps que la période d’activité ovarienne.

La ménopause constitue une période difficile, caractérisée par la survenue simultanée de multiples problèmes : d'abord des troubles physiques et psychologiques, installant une femme dans une situation     d'inconfort plus ou moins permanent, mais aussi des modifications de son environnement familial, toujours mal vécues. Une femme peut ainsi avoir l'impression que « tout lui tombe dessus en même temps ». Arrivée à la cinquantaine, elle voit ses enfants devenir adultes, quitter la maison et aller vivre leur vie, parfois très loin. Elle pourra alors ressentir un sentiment injuste mais angoissant d'inutilité et se sentir dévalorisée. Les auteurs anglosaxons qui ont bien étudié ces changements familiaux et leurs incidences appellent les troubles psychologiques de la ménopause the empty nest syndrom, le syndrome du « nid vide ». La cinquantaine est aussi souvent l'âge où les parents sont malades ou décèdent où l'on perd parfois déjà un frère ou une sœur, où le conjoint peut être en préretraite.

Notre société occidentale n'est guère indulgente envers les femmes qui vieillissent; toutes les formes de médias les incitent d'ailleurs à rester jeunes, belles et minces. Les modifications physiques et esthétiques de la cinquantaine, la fréquente prise de poids, contribuent largement au mauvais vécu de la ménopause. C'est dans cette société peu compréhensive avec elle qu'une femme de cinquante ans devra aborder de front des perturbations hormonales majeures et des modifications souvent radicales de son environnement familial. Elle vivra sa ménopause, non seulement avec son corps mais aussi avec son cœur.

En vieillissant, les ovaires réagissent de moins en moins bien aux messages de l'étage supérieur de commande (hypothalamus et hypophyse). Celui-ci sécrète alors davantage de messages de stimulation, les gonadotrophines hypophysaires (FSH) que l'on peut doser dans le sang et dont l'augmentation annonce la survenue de la ménopause. Les ovaires finissent par ne plus répondre du tout aux ordres, entraînant un fonctionnement anarchique du centre de commande hypothalamique. Les sécrétions ovariennes se tarissent, les règles s'arrêtent : c'est la ménopause qui clôture la vie ovarienne, commencée près de quarante années plus tôt, à la puberté.

En France, l'âge moyen de survenue de la ménopause se situe vers 51 ans. 80% des Françaises sont ménopausées entre 45 et 55 ans, 10% avant 45 ans et 10% après 55 ans. Pour les 1 à 2% de femmes ménopausées avant 40 ans, on parle de ménopause précoce. Après 55 ans, on parlera de ménopause tardive.

L'âge des premières règles n'influence pas l'âge de la ménopause. De même, si vous avez eu des enfants ou si vous avez pris la pilule pendant très longtemps, l'âge de survenue de votre ménopause ne sera pas modifié. Le seul facteur qui peut influencer l'âge de la ménopause est le tabagisme: les femmes qui fument beaucoup et depuis longtemps seront ménopausées une ou deux années plus tôt.

Non. Cet âge est un âge programmé pour chaque femme et il n'est pas possible de le prévoir à l'avance. Il existe cependant des familles à ménopause précoce et des familles à ménopause tardive mais on peut voir d'importantes différences entre une mère et sa fille ou entre deux sœurs.On peut compenser les carences hormonales mais on ne peut pas retarder l'âge de la ménopause.

Dans la quasi-totalité de tous les cas, une femme ne passe pas des cycles réguliers à la ménopause du jour au lendemain. Il existe habituellement entre l’activité ovarienne régulière et la ménopause une période intermédiaire de transition appelée préménopause par les femmes et périménopause par les médecins.

La durée de cette période d’anarchie hormonale aux frontières floues est très variable : de quelques mois à sept années avec une moyenne de trois ans et demi entre le premier dérèglement des cycles et l’arrêt définitif des règles.

La préménopause se traduit par des cycles de plus en plus irréguliers et de plus en plus longs : plus on s‘approche de la ménopause, plus les cycles s’allongent avec des périodes sans règles pouvant aller jusqu’à plusieurs mois. La durée et l’abondance des règles peuvent aussi varier d’un cycle à l’autre. L’irrégularité menstruelle de la préménopause s’accompagne habituellement de l’apparition des premières bouffées de chaleur. La préménopause est une période troublée souvent pénible à vivre et assez délicate à traiter.

La période de préménopause est très souvent la période la plus inconfortable à vivre vivre car elle peut réaliser de longues périodes de « syndrome prémenstruel permanent ». En fonction des fluctuations hormonales anarchiques habituelles à cette période, humeur et caractère peuvent aussi varier rapidement d'un jour à l'autre, le meilleur alternant avec le pire. Des phases d'irritabilité peuvent succéder à des périodes de déprime et de lassitude. L'entourage subit ces modifications apparemment incompréhensibles du comportement et ne réagit pas toujours très bien.

Les troubles de la ménopause

Trouble le plus connu et le plus caractéristique de la ménopause, la bouffée de chaleur se traduit par une sensation de chaleur intense touchant la face, le cou, le thorax.

Elle dure de trente secondes à deux minutes et s’achève le plus souvent par des sueurs froides, plus ou moins abondantes. Imprévisible et irrépressible, elle peut parfois être déclenchée par un stress, une émotion ou la simple consultation médicale.

Bouffées et sueurs sont volontiers nocturnes.

Leur nombre et leur intensité varient considérablement d'une femme à l'autre et parfois chez la même femme au cours du temps.

Si certaines femmes n'en présentent qu'une ou deux par jour, leur fréquence peut être telle (jusqu'à quinze ou vingt par jour et par nuit), qu'elles peuvent constituer une gêne considérable et un véritable handicap social et/ou professionnel.

Certaines femmes doivent parfois changer leurs draps ou prendre une douche dans la nuit à cause des sueurs qui peuvent aussi faire fondre le maquillage! La nuit, la bouffée s'accompagne de réveils et est source d'insomnies épuisantes.

 

Les bouffées de chaleur et les sueurs débutent 3 fois sur 4 dès la préménopause quand les cycles deviennent irréguliers. Ces troubles dits vasomoteurs vont concerner 75% des femmes. Dans 50% des cas, les bouffées vont durer plus de 5 ans et même plus de 10 ans une fois sur 4.

Il n’est  pas rare de rencontrer des femmes de 70 ans et plus encore (très) gênées par leurs bouffées de chaleur.

Dans la même région de l'hypothalamus, se trouvent, côte à côte, le centre de commande de la fonction ovarienne et le centre de la thermorégulation destiné à contrôler la température de votre corps.

Quand arrive la ménopause, le centre hypothalamique se dérègle et fonctionne de façon anarchique; il entraîne alors dans son dérèglement, par voisinage, le centre de la thermorégulation, déclenchant ainsi les fameuses bouffées de chaleur.

L'équilibre des neurotransmetteurs cérébraux à ce niveau est complètement perturbé.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) de la ménopause supprime les bouffées de chaleur dans la très grande majorité des cas et arrive à bout des bouffées de chaleur les plus intenses et les plus nombreuses dès le premier ou le deuxième mois de traitement.

Des traitements non hormonaux peuvent être employés séparément ou associés au traitement hormonal mais leur efficacité est beaucoup plus inconstante et moindre que celle du THM.

A la ménopause peuvent survenir des altérations de l'humeur et du comportement, majorées ou atténuées par la qualité de l'environnement conjugal, familial et socioprofessionnel.

Pour les femmes au terrain psychique déjà fragile ou qui ont déjà fait une dépression, les perturbations hormonales de la ménopause peuvent constituer une épreuve redoutable, pouvant déstabiliser un équilibre psychologique déjà précaire.

Une fatigue, une lassitude physique, accompagnent souvent les troubles psychologiques de la ménopause : « dès le réveil, je suis fatiguée », « je n'ai plus goût à rien », « je n'ai envie de rien entreprendre » entend on    souvent. Parfois, les troubles de l'humeur peuvent se traduire par une certaine irritabilité.

Les traitements de rééquilibration hormonale peuvent apporter une certaine réponse à ces troubles de l'humeur, si toutefois ces derniers ne peuvent être expliqués par des problèmes personnels conjugaux, familiaux et/ou socioprofessionnels.

On ne peut pas demander aux traitements hormonaux de résoudre un problème personnel et un THM ne peut jamais remplacer un traitement anti-dépresseur quand existe une vraie dépression.  

Avec ou sans traitement hormonal, la décennie de tous les dangers pour le poids et la silhouette se situe entre 45 et 55 ans, c’est-à-dire les années qui encadrent l’arrêt des règles.

La silhouette a tendance à s'alourdir au niveau de la taille, lieu d'élection des kilos supplémentaires. En préménopause, l'excès d'œstrogènes peut entraîner en outre une certaine rétention d'eau et instaurer une sensation très désagréable de gonflement plus ou moins permanent.

  Dès l’âge de 40 ans, vous devez être avertie et consciente de la forte probabilité de changement de poids et de silhouette afin de prendre des mesures, souvent drastiques, d'hygiène de vie et alimentaires nécessaires pour les combattre ou mieux, les prévenir car la localisation abdominale des graisses est rebelle.

Toutes les femmes peuvent donc bénéficier de conseils visant à éviter les erreurs et les excès alimentaires, limiter et équilibrer les apports en particulier les graisses et les sucres, mieux répartir la ration sur les trois repas, assurer la diète calcique, lutter contre la sédentarité, favoriser un exercice physique régulier, augmenter la masse musculaire.

Pour certaines, l’aide d’un nutritionniste sera précieuse car le combat est souvent difficile et il existe une certaine inégalité (une injustice…) devant la nourriture et la prise de poids.

Des études sérieuses montrent qu’un THM, bien dosé, n’entraîne pas de prise de poids et même peut limiter l’alourdissement de la silhouette dû à la migration des graisses vers le tour de taille à la ménopause.

L'ostéoporose


L'ostéoporose se définit par une importante déminéralisation des os pouvant entraîner des fractures.
L'ostéoporose post-ménopausique touche environ une femme sur quatre et représente la principale complication à long terme de la ménopause.

L'os est un tissu vivant en perpétuel remodelage avec des phénomènes de résorption et de formation. Nous constituons notre masse osseuse jusqu'à l'âge de vingt à vingt-cinq ans, puis ce capital osseux demeure à peu près le même jusqu'à quarante ans environ. Ensuite, les hommes comme les femmes, nous perdons tous régulièrement de l'os jusqu'à la fin de notre existence : notre capital osseux s'amenuise.
Mais l'ostéoporose est une maladie qui touche surtout les femmes, pour deux raisons : d'une part, la masse osseuse de la femme est, à l'âge adulte, inférieure à celle de l'homme et d'autre part, la perte osseuse s'accélère de façon considérable dans les années qui suivent la ménopause. Par ailleurs, les femmes vivent plus longtemps que les hommes et la longévité est le principal facteur de risque d’ostéoporose.

Quand la masse osseuse a beaucoup diminué, elle peut entraîner des fractures (des vertèbres, du poignet et plus tard du fémur) on peut alors parler d’ostéoporose.
La première fracture est le plus souvent le tassement d'une vertèbre lombaire, survenant vers l'âge de 65 ans. Ultérieurement, d'autres tassements vertébraux peuvent survenir et accroître douleurs et handicaps. De même, les fractures du poignet sont six fois plus fréquentes chez la femme que chez l'homme à soixante ans. Quant à la fracture du col du fémur, elle survient, en général, beaucoup plus tard, au-delà de 80 ans.

Toutes les femmes ne développeront pas une ostéoporose post-ménopausique. Il est donc particulièrement intéressant de savoir, parmi les femmes de cinquante ans, quelles sont celles qui risquent d'être victimes d'un tassement vertébral dix ou quinze années plus tard. On pourra leur proposer de façon préférentielle une stratégie de prévention, un traitement.
En se basant sur des études épidémiologiques, on a essayé de déterminer les facteurs de risque d'ostéoporose. Outre l’âge et la densité minérale osseuse basse, les principaux facteurs de risque osseux sont une première fracture (ou un tassement vertébral) après un traumatisme mineur, un antécédent familial de fracture du col, une corticothérapie au long cours, une consommation d’alcool régulière, un tabagisme, une polyarthrite rhumatoïde, une minceur avec un index de masse corporelle (le poids divisé par la taille au carré) inférieure à 20.

L'évaluation de la densité osseuse est primordiale pour déterminer quelles sont les femmes à risque d'ostéoporose. Un examen, l’ostéodensitométrie, permet d’évaluer la densité osseuse. Il s'agit d'un examen indolore, utilisant de très faibles doses de rayons X, qui mesurent la densité osseuse au niveau des vertèbres lombaires, du poignet et du fémur. Dans la plupart des cas, il est pris en charge par l’assurance maladie.

Quand on a mis en évidence un risque d’ostéoporose (en particulier par une mesure de la densité minérale osseuse et l’évaluation des facteurs de risque), le THM occupe une place essentielle dans la prévention de la perte osseuse post-ménopausique chez les femmes entre 50 et 60 ans, présentant des troubles climatériques, en particulier des bouffées de chaleur. 

Il existe aussi des traitements à visée exclusivement osseuse, en particulier les SERM, les bisphosphonates et le ranélate de strontium. Ces produits sont efficaces sur l’os, mais ils ne traitent pas les troubles climatériques. Ils sont plutôt employés chez les femmes après 60 ou 65 ans, parfois en relais d’un THM.

D'autres moyens de prévention complémentaires existent : ce sont une alimentation riche en calcium, un apport suffisant en vitamine D qui favorise l’absorption et la fixation du calcium, la pratique d’un exercice physique régulier.
L'apport alimentaire en calcium à la cinquantaine est souvent insuffisant alors même que les besoins augmentent. Un régime alimentaire riche en calcium est donc conseillé : laitages, fromages (Comté, Emmental, Cantal), yaourts et fromages blancs (certains sont judicieusement enrichis en calcium et vitamine D), eau minérale à forte teneur calcique (Hépar, Contrex). Un apport supplémentaire par des comprimés de calcium peut s'avérer très utile.

Le traitement hormonal de la ménopause

La ménopause est due à une carence des sécrétions hormonales des ovaires. Son traitement logique repose donc sur l'hormonothérapie substitutive, c'est-à-dire la compensation avec des hormones naturelles de ce que les ovaires ne produisent plus.L'hormonothérapie de la ménopause a l'ambition de traiter l'ensemble des troubles très gênants de la période climatérique, comme les bouffées de chaleur, mais aussi de prévenir les complications de la carence ovarienne, au premier rang desquelles se trouve l'ostéoporose.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) n’a jamais été une obligation, c’est un choix offert aux femmes qui en ont besoin et le désirent.

Il existe des recommandations pratiques pour l’emploi du THM :

-  le THM ne doit pas être prescrit ou renouvelé de façon systématique ;- le THM peut être prescrit chez les femmes gênées par les troubles de la ménopause, en particulier les bouffées de chaleur ;-  le THM doit être prescrit ou renouvelé à la dose minimale efficace ;- le THM est prescrit pour une durée limitée à la durée des symptômes gênants ;-  on doit chaque année réévaluer l’intérêt de la poursuite du THM ;-  la femme traitée doit être informée et volontaire.

Ce traitement associe toujours deux hormones (sauf chez une femme qui a subi une hystérectomie) : un estrogène (l’estradiol) et la progestérone ou un progestatif selon un protocole, un schéma thérapeutique qui souvent imite un cycle menstruel normal. Un schéma classique associe l'œstrogène du 1 au 24 de chaque mois et le progestatif du 13 au 24. Il existe d’autres protocoles de THM.

Pendant les derniers jours du mois surviennent habituellement des « règles» qui sont en fait des saignements artificiels (comme sous pilule) et ne signifient en aucun cas un retour à la fécondité. Il existe aussi des traitements sans règles : ces traitements sans règles sont très souvent prescrits, car ils sont réclamés et très appréciés par les femmes. Quel traitement hormonal emploie-t-on chez les femmes ayant subi une hystérectomie ?Si vous avez subi une hystérectomie, comme environ 20% des femmes sous THM, vous utiliserez un THM avec seulement une hormone : l’estrogène. Le progestatif n’est plus utile.

Il existe de nombreux produits estrogéniques à l’estradiol sous différentes présentations : comprimés, gels, timbres autocollants ou patchs (sorte de petits réservoirs de quelques centimètres de diamètre diffusant régulièrement une hormone). La progestérone naturelle et les progestatifs se présentent sous forme de comprimés ou de capsules. C'est à votre médecin que reviendra, après en avoir parlé avec vous, de faire le choix des produits et du protocole thérapeutique. Ce choix s'effectuera en fonction de vos troubles, de vos antécédents, de votre examen clinique et de votre bilan hormonal, biologique et osseux de départ et de vos souhaits.

La principale contre-indication au THM est un antécédent personnel de cancer du sein. Les mastoses, les fibromes ou l’endométriose ne représentent pas des contre-indications absolues au THM, mais nécessitent des précautions d’emploi, en particulier l’usage de faibles doses d’estrogènes. En cas d’antécédent de phlébite ou d’embolie pulmonaire, un THM peut être envisagé, mais il faut toujours employer un œstrogène par voie cutanée, en gel ou en timbre.

Oui, vous pourrez toujours changer d’avis, mais il vaut mieux traiter dès la ménopause, en particulier chez les femmes à risque d’ostéoporose. Réfléchissez, informez-vous, en particulier auprès de votre médecin qui vous a proposé ce traitement. Un traitement hormonal de la ménopause ne peut être prescrit qu’à une femme informée et volontaire. Il ne constitue jamais une obligation, mais reste un choix. Les traitements de la ménopause ne sont pas des traitements systématiques, mais des traitements personnalisés et adaptés à chaque femme. Est-ce que le traitement peut être modifié et adapté ?Après un premier traitement de trois mois, votre médecin pourra remanier le protocole en fonction de vos réactions pour aboutir à un traitement personnalisé, adapté à vos problèmes et à votre personnalité. Aucune décision concernant le traitement hormonal de la ménopause n’est définitive : un traitement peut toujours être instauré, arrêté, suspendu, repris et on peut toujours en changer les produits, les doses, le protocole… Parlez-en avec votre médecin.

Après son instauration, votre traitement hormonal pourra être adapté, personnalisé en fonction de vos symptômes. Le but est d’aboutir à un traitement qui supprime vos symptômes, mais sans jamais entraîner de phénomènes de surdosage. Il est donc important que vous décriviez bien à votre médecin ce que vous ressentez. Les signes de sous-dosage hormonal sont les bouffées de chaleur persistantes, la sécheresse vaginale ou la fatigue. Les signes de surdosage sont la tension des seins, la sensation de gonflements, l’anxiété ou l’irritabilité. Vous devez bien tolérer votre traitement, sinon il faut l’adapter.

Habituellement, les médecins instaurent le traitement à posologie hormonale modérée. Ces dernières années, la tendance a été de réduire les doses des traitements de la ménopause, ce qui a permis une meilleure tolérance clinique sans en compromettre l’efficacité dans la plupart des cas.

Les gels à l’estradiol se présentent sous forme d’un tube ou d’un flacon avec une pompe doseuse ou bien d’un tube, ressemblant à un gros tube de dentifrice, avec une réglette applicatrice graduée. On en applique habituellement de une à trois pressions par jour suivant les produits. Le gel s’applique après la toilette le matin ou le soir suivant la chronologie des troubles les plus gênants comme pour les comprimés, sur une peau sèche et propre, au niveau des bras, des cuisses ou des épaules, jamais sur les seins. Les surfaces d’application doivent être larges : au moins deux fois la surface d’une main. Il est inutile de masser, mais il est conseillé de laisser sécher deux minutes avant de remettre un vêtement. 

Ce sont des dispositifs auto-collants, imprégnés d’estradiol. L’estrogène est soit contenu dans un réservoir, soit pour la plupart des timbres plus récents, inclus dans la couche adhésive elle-même, ce qui donne plus de souplesse et de finesse au dispositif. Il existe de nombreux patches, disponibles en plusieurs posologies (de 25 à 100 microgrammes d’estradiol par jour) se traduisant par des tailles différentes : plus le timbre est dosé, plus il est grand. Les timbres les plus employés sont ronds ou rectangulaires et ne dépassent pas trois à quatre centimètres dans leur plus grande dimension. Après application du patch, l’estrogène pénètre dans la peau, diffuse dans la circulation sanguine du derme puis dans la circulation générale. Le patch permet une diffusion régulière de l’estradiol pendant toute son application, tout en employant des doses beaucoup moins importantes que la voie orale. Le patch est changé une ou deux fois par semaine, suivant les produits. Il est recommandé de ne pas le réappliquer au même endroit.Après avoir retiré son feuillet de protection, on applique le patch sur la fesse, le tronc ou le haut de la cuisse ou du bras, sur une zone propre, plane, sèche et sans frottements de vêtements. La peau ne doit pas être irritée ou traitée par des produits gras ou huileux. Comme les gels, les patches ne doivent jamais être appliqués sur les seins. Si un patch se décolle, il faut essayer de le recoller sur une surface sèche. Si ce n’est pas possible, mieux vaut utiliser un dispositif neuf puis le retirer à la date initiale. On peut se baigner ou prendre des douches avec un patch, sans précaution particulière. 

Les comprimés sont à prendre quotidiennement par voie orale. Ils sont dosés à 1, 1,5 ou 2 milligrammes d’estradiol. L’horaire de prise dépend de la chronologie des symptômes les plus gênants (habituellement les bouffées de chaleur). Si celles-ci prédominent la nuit, comme les sueurs, on prendra le traitement de préférence le soir au coucher. Lorsque l’on veut réduire la dose d’un THM en comprimé, mieux vaut prendre ? comprimé par jour qu’un comprimé entier tous les deux jours afin d’obtenir une imprégnation hormonale plus homogène et pas en « montagnes russes ». Les boîtes des estrogènes oraux contiennent 20 à 28 comprimés, c’est-à-dire pas toujours assez pour un cycle complet de traitement : il faudra alors entamer une autre boîte. Dans d’autres cas, par exemple pour les THM prescrits sur 24 jours, il restera des comprimés à la fin du cycle de traitement.

Il faut réévaluer régulièrement, au moins chaque année, l’intérêt de la poursuite du traitement. On peut, chaque année, suspendre le traitement pendant un ou deux mois, sans autre inconvénient que la réapparition éventuelle des bouffées de chaleur. Si les symptômes redeviennent gênants, on pourra reprendre le traitement si on le juge opportun et avec le consentement de la patiente. Aucune décision concernant l’emploi du THM n’est définitive. On peut aussi réduire progressivement les doses et/ou la durée d’administration du traitement au cours du mois afin d’obtenir une réduction progressive évitant ainsi un sevrage brutal.

La durée doit être limitée à la durée des troubles gênants. Les autorités de santé ne donnent pas de durée limite. Sur le site de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), on peut lire dans une liste de questions-réponses destinées au grand public à la question « Combien de temps puis-je prendre un THM ? », la réponse suivante : « Dans le cadre du traitement des troubles climatériques, un THM peut être pris tant que durent les symptômes. Actuellement, il est recommandé d’utiliser la dose la  plus faible possible compatible avec l’effet recherché ».    Il n’y a pas de durée limite, « couperet », fixée arbitrairement et qui s’appliquerait à toutes les femmes quels que soit l’âge de leur ménopause, leurs symptômes, leurs facteurs de risque et aussi leurs desiderata. Un THM peut donc être poursuivi sans limitation de durée fixe, tant que persistent des troubles climatériques gênants et altérant la qualité de vie, chez une femme informée et volontaire. Parlez-en avec votre médecin.

Les phytoestrogènes sont des substances d’origine végétale qui ont une très faible action estrogénique, car leur structure ressemble à celle des estrogènes. On distingue deux grandes classes de phytoestrogènes : les isoflavones qu’on trouve surtout dans le soja et les lignanes. Les phytoestrogènes ont le statut de complément alimentaire et sont mis sur le marché sans contrôle préalable. Ils n’ont pas à se soumettre à la très rigoureuse AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) des médicaments. Dans certaines études, mais pas dans d’autres, ils ont montré une certaine efficacité sur les bouffées de chaleur. Cependant, les phytoestrogènes ne peuvent certainement pas remplacer un THM dont ils n’ont pas toutes les vertus thérapeutiques. Les phytoestrogènes sont en vente libre.