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Le FRAX

L’outil FRAX (Fracture Risk Assessment tool) a été développé pour évaluer les risques de fracture par l’équipe de John Kanis du centre de collaboration de l’OMS sur les maladies métaboliques osseuses de l’université de Sheffield au Royaume Uni.

FRAX est basé sur des modèles individuels de patients qui intègrent les risques des facteurs de risque cliniques et ceux de la densité minérale osseuse au col fémoral. Les modèles FRAX sont spécifiques à chaque pays et ont été développés à partir de cohortes de populations étudiées en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Australie. En France, le FRAX a été calculé à partir des données d’une douzaine de cohortes représentant plus de 60.000 sujets suivis plusieurs années.

L’outil FRAX est informatisé et disponible sur internet en version française depuis le 21 Février 2008.

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D’un emploi simple et rapide pour tout praticien, FRAX donne immédiatement une probabilité de fracture ostéoporotique sur 10 ans (fracture de hanche, rachis, avant-bras ou épaule).

Intérêt et limites du FRAX

Le but des traitements de l’ostéoporose est d’éviter la survenue de fractures en traitant les sujets les plus à risque et en évitant de traiter les sujets à faible risque. FRAX peut contribuer à une certaine cohérence et homogénéité dans les attitudes thérapeutiques. Certaines femmes, souvent les plus âgées, peuvent bénéficier d’un traitement alors qu’elles ne sont qu’ostéopéniques. A l’inverse, FRAX peut éviter des décisions thérapeutiques à visée exclusivement osseuses intempestives et injustifiées chez les femmes ménopausées les plus jeunes, et plutôt les orienter vers l’instauration ou la poursuite d’un THS, en particulier entre 50 et 60 ans.

FRAX a été étudié à partir de données concernant surtout des femmes âgées. Il est moins performant pour les femmes de 50 à 65 ans qui sont celles que rencontre le gynécologue.

FRAX n’est pas utile quand une décision thérapeutique est évidente, en particulier chez les femmes ayant déjà présenté une fracture (« la fracture appelle la fracture ») ou chez lesquelles la DMO est très basse avec un T-score inférieur à 3 DS.

Le seuil d’intervention

FRAX donne un risque mais pas un seuil d’intervention. FRAX représente une aide à la décision thérapeutique mais celle-ci reste toujours individualisée. La décision de traiter et le choix du traitement dépendent du niveau de risque fracturaire, de l’âge, de la balance bénéfices - risques et effets secondaires du traitement, de ses modalités et contraintes (mode d’emploi, durée) mais aussi de l’adhésion et de la motivation de la patiente. Par exemple, un traitement efficace, bien toléré, simple et peu onéreux pourrait être indiqué et acceptable même chez des sujets à faible risque. A l’inverse, un traitement efficace mais coûteux et pouvant entraîner des effets indésirables sera plutôt réservé à des sujets à risque élevé (8). La prise en charge de l’ostéoporose pose aussi un problème de santé publique : à partir de quel niveau de risque un pays est-il prêt à prendre en charge un traitement et à l’inverse en dessous de quel niveau de risque pourrait-on refuser une prise en charge thérapeutique ?