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THS et prévention de l’ostéoporose post-ménopausique

Le THS constitue le moyen le plus simple, le plus efficace et aussi le moins coûteux de prévenir l’ostéoporose chez la femme ménopausée à risque osseux, en particulier dans les années qui suivent la ménopause (1).

Place du THS dans la prévention de l’ostéoporose post-ménopausique

Lors des recommandations des autorités de santé du 03 Décembre 2003, le THS n’était plus recommandé en première intention en prévention de l’ostéoporose.

En Octobre 2004, l’Afssaps a actualisé ses recommandations sur le traitement médicamenteux de l’ostéoporose post-ménopausique en réaccordant une place au THS dans certains cas (Figure). Cette indication a été confirmée en Janvier 2006.

Chez la femme ménopausée entre 50 et 60 ans, sans fracture et présentant des troubles climatériques, le THS (l’Afssaps parle de THM : traitement hormonal de la ménopause) peut être indiqué en prévention de la perte osseuse post-ménopausique quand l’ostéodensitométrie témoigne d’une ostéopénie ou d’une ostéoporose.

Place du THS dans la stratégie thérapeutique de l’ostéoporose post-ménopausique
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Le THS est le seul traitement ayant démontré de façon formelle dans une étude randomisée (WHI) son efficacité dans la prévention primaire des fractures ostéoporotiques dans une population générale (sans mesure de la densité minérale osseuse). Dans l’ensemble de la population de l’étude WHI, l’épargne fracturaire chez les femmes sous THS est significative pour toutes les fractures classiquement liées à l’ostéoporose : poignet, hanche, vertèbre (2).

Une méta-analyse de 22 études randomisées a retrouvé une diminution significative du risque de fracture non vertébrale sous THS (RR=0,73 IC : 0,56-0,94) comparable aux résultats de la WHI (3).

Les alternatives thérapeutiques (raloxifène, bisphosphonates, ranélate de strontium) proposées dans la prévention de l’ostéoporose n’ont pas été ou ont été peu étudiées dans la décennie qui suit la ménopause et dans une population générale de femmes non ostéoporotiques. S’ils sont efficaces sur l’épargne fracturaire, ils ne traitent pas les troubles climatériques et sont plutôt employés chez les femmes après 60-65 ans. Plutôt que d’opposer ces différents traitements, on se dirige plus vers une prise en charge séquentielle de l’ostéoporose post-ménopausique avec une certaine chronologie dans l’emploi des différentes thérapeutiques.

Vers une prise en charge séquentielle de l’ostéoporose post-ménopausique

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REFERENCES

1 - Tamborini A, Ruiz JC.
Place actuelle du traitement hormonal substitutif dans la prévention de l’ostéoporose postménopausique : le point de vue du gynécologue.

Revue de Médecine Interne, numéro spécial Ostéoporose 2004;25(suppl.5):s580-7

2 - Writing Group for the Women's Health Initiative Investigators.
Risks and benefits of estrogen plus progestin in healthy postmenopausal women. Principal results for the Women's Health Initiative. Randomized control trial
JAMA 2002;228:3:321-33

3 - Torgerson DJ, Bell-Syer SE.
Hormone replacement therapy and prevention of non vertebral fractures. A meta-analysis of randomized trials.
JAMA 2001;285(22):2891-7