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Le THM en France : les chiffres

Historique : une progression régulière jusqu’en 2002
Entre 1980 et 2002, le nombre de femmes traitées par THM a régulièrement augmenté et a été multiplié par 6 en 20 ans pour atteindre un maximum en 2001-2002. En 2002, un peu plus de 2.000.000 Françaises suivaient un traitement hormonal substitutif. Elles représentaient alors environ 20% de l’ensemble des femmes ménopausées ou plutôt près de deux femmes sur 5 entre 50 et 65 ans, car le nombre de femmes traitées après 65 ans restait limité. Le premier THM en gel (OESTROGEL®) date de 1974, le premier THM combiné estroprogestatif (TRISEQUENS®) de 1982 et le premier timbre (ESTRADERM®) de 1987, ces 3 produits étant toujours commercialisés.

Depuis 2002 : une baisse régulière
En juillet 2002 puis en août 2003 ont été publiées deux grandes études, l’une américaine, la Women’s Health Initiative (WHI) (1) et l’autre britannique, la Million Women Study (MWS) (2), remettant en question le rapport bénéfices-risques favorable du THM. L’’Emea, agence européenne du médicament et l’Afssaps ont alors émis le 03 décembre 2003, de nouvelles recommandations encadrant et restreignant l’emploi du THM. Depuis près de dix ans maintenant, la forte et régulière médiatisation de toutes les études défavorables au THM contrastant avec le passage sous silence de tous les résultats favorables a largement contribué à la désertion des patientes et à l’érosion de la motivation des prescripteurs.
La baisse des ventes de THM a été particulièrement importante en 2004 (moins 35%), l’année qui a suivi les nouvelles recommandations de l’Afssaps puis la baisse a été régulière chaque année et cette diminution s’est encore poursuivie en 2011 (Figure 1). En 2002, 23.200.000 de boîtes de traitements hormonaux de la ménopause avaient été vendues, 19.800.000 en 2003, 12.800.000 en 2004, 10.100.000 en 2005, 9.200.000 en 2006, 8.800.000 en 2007, 7.600.000 en 2008, 7.100.000 en 2009, 6.700.000 en 2010 et 6.300.000 en 2011 soit une diminution de 73% en 9 années.

Figure 1 : Evolution des ventes de THM en France
THS Chiffres


Evolution des prescriptions

 

- Voie d’administration.
La baisse des THM n’a pas été uniforme, mais a surtout affecté les associations orales estroprogestatives et les timbres. Il y a eu un certain déplacement des prescriptions vers les gels qui sont utilisés par presque la moitié des femmes traitées.

Posologie
Conformément aux recommandations de l’Afssaps et de toutes les sociétés savantes, il y a eu un important transfert de prescriptions vers les posologies estrogéniques modérées. Ainsi, si l’on considère la gamme qui représente la moitié des ventes des préparations estroprogestatives combinées, les produits dosés à 1 mg concernent plus de 4 utilisatrices sur 5. De même, si l’on considère le patch le plus prescrit, les posologies 25 et 37,5 sont aussi utilisées par plus de 4 femmes sur 5.

- Progestérone naturelle et dydrogestérone
A la suite des résultats de l’étude française E3N, il y a eu, dans le cadre du THM,  un transfert de prescriptions des progestatifs de synthèse vers la progestérone naturelle micronisée ou son isomère, la dydrogestérone.

- Traitements non hormonaux des troubles vasomoteurs
Concernant le traitement symptomatique non hormonal des bouffées de chaleur ne persiste aujourd’hui avec cette AMM que la bêta-alanine (Abufène®) depuis le retrait européen du véralipride (Agréal®).
Il existe toute une gamme de traitements phytothérapiques. Chez certaines femmes (mais pas chez d’autres), ces produits peuvent avoir une certaine efficacité (mais toujours bien moins importante que le THM) sur les bouffées de chaleur (mais pas sur les autres symptômes de la ménopause). Ils ont le mérite de l’innocuité sauf pour le portefeuille, car aucun n’est pris en charge par l’Assurance Maladie.     

Evaluation du nombre de femmes traitées aujourd’hui
Alors qu’il est aisé d’évaluer le nombre de femmes sous pilule (environ 5.000.000), car elles utilisent une plaquette par mois, il est plus difficile d’évaluer avec précision le nombre de femmes sous THM. La baisse des ventes de THM résulte de 3 phénomènes qui s’additionnent : la baisse du nombre de femmes traitées, la durée plus courte des traitements, mais aussi la diminution des doses employée. En effet, en particulier avec le gel qui est la forme galénique la plus employée et avec la réduction des posologies employées, un flacon ou un tube de gel à l’estradiol dure souvent plus d’un mois voire deux mois ou même plus longtemps. De même les femmes employant un patch l’utilisent souvent 3 semaines sur 4 et pas en non-stop, un conditionnement durant alors plus d’un mois.

En effectuant des ajustements tenant compte de ces modes d’utilisation, nous estimons le nombre de femmes sous THM en France à environ 650.000 dont les 2/3 utilisent l’estradiol par voie cutanée, essentiellement en gels. Le dernier tiers emploie un traitement par voie orale dont environ 100.000 suivent un THM par préparation estroprogestative combinée.

|THM : produits disponibles
En 2013, le praticien français dispose d’une soixantaine de produits estrogéniques et  estroprogestatifs pour traiter la ménopause dont une trentaine de timbres de 8 posologies différentes (voir liste des THM disponibles en Annexe). La quasi-totalité de ces produits est prise en charge par l’Assurance Maladie.