Ménopause et traitement hormonal substitutif (THS): les chiffres
(novembre 2000) 

Il y a en France 10.000.000 de femmes ménopausées dont 5.000.000 ont plus de 65 ans. Chaque année, 400.000 nouvelles Françaises arrivent à l’âge de la ménopause. L’espérance de vie d’une femme de 50 ans est actuellement de 33 ans, soit presque autant que la période d’activité ovarienne. Une Française de 50 ans sur 4 va atteindre 90 ans. Cette augmentation régulière de la longévité représente la principale cause de l’élévation de l’incidence de certaines pathologies, en particulier l’ostéoporose, liées à la carence estrogénique.

Actuellement, en l'an 2.000, plus de 1.700.000 Françaises bénéficient déjà d’un traitement hormonal substitutif ; elles représentent donc 17% de l’ensemble des femmes ménopausées ou plutôt une femme sur 3 entre 50 et 65 ans car le nombre de femmes traitées après 65 ans reste très faible (seules 3% des femmes de plus de 65 ans suivent un THS). Le nombre de femmes traitées augmente cependant régulièrement et elles sont ainsi 6 fois plus nombreuses qu’il y a 20 ans. Le nombre de THS prescrits a encore augmenté de 7% cette dernière année.

Le nombre de prescripteurs, en particulier de médecins généralistes, augmente aussi très régulièrement : aujourd’hui la quasi-totalité des gynécologues et près de la moitié des généralistes prescrivent des traitements substitutifs de la ménopause. Environ 52% des prescriptions sont faites par les gynécologues, 46% par les généralistes et 2% par toutes les autres spécialités.

Les femmes-médecins font confiance au THS: dans une étude suédoise, Mattsson rapporte que si 35% des Suédoises de 55 ans utilisent un THS, ce pourcentage monte à 68% chez les femmes conjointes de généralistes, 72% chez les femmes médecins généralistes, 86% chez les conjointes de gynécologues et même 88% chez les femmes gynécologues. Issacs rapporte que les femmes médecins britanniques qui se traitent suivent le traitement plus longtemps: 71% plus de 5 ans et 58% plus de 10 ans. Le pourcentage important de femmes traitées dans les populations médicales et paramédicales traduit une bonne information et un accès facilité aux soins. A la fois usagères et prescriptrices de traitements hormonaux, ces femmes médecins constituent un exemple encourageant et rassurant pour l'ensemble de la population féminine.

L’OBSERVANCE : " TALON D’ACHILLE " DU THS

Pour espérer conserver un bénéfice osseux significatif à 75 ans, on estime que le THS doit être poursuivi, au moins, 7 à 10 ans, ce qui est loin d’être le cas en pratique. Dans une étude du Massachussetts Women’s Health Survey, Veronica Ravnikar rapporte que sur 100 femmes à qui l’on prescrit un THS : 20 arrêtent le traitement avant 9 mois, 10 le prennent de façon irrégulière et 20 à 30 ne le commencent même pas ! D’autres enquêtes confirment les carences de l’observance de l’hormonothérapie substitutive. On estime que la moitié des utilisatrices arrêtent le traitement avant la fin de la seconde année.

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