Ménopause et traitement hormonal substitutif (THS): les chiffresActuellement, en l'an 2.000, plus de 1.700.000 Françaises bénéficient déjà d’un traitement hormonal substitutif ; elles représentent donc 17% de l’ensemble des femmes ménopausées ou plutôt une femme sur 3 entre 50 et 65 ans car le nombre de femmes traitées après 65 ans reste très faible (seules 3% des femmes de plus de 65 ans suivent un THS). Le nombre de femmes traitées augmente cependant régulièrement et elles sont ainsi 6 fois plus nombreuses qu’il y a 20 ans. Le nombre de THS prescrits a encore augmenté de 7% cette dernière année.
Le nombre de prescripteurs, en particulier de médecins généralistes, augmente aussi très régulièrement : aujourd’hui la quasi-totalité des gynécologues et près de la moitié des généralistes prescrivent des traitements substitutifs de la ménopause. Environ 52% des prescriptions sont faites par les gynécologues, 46% par les généralistes et 2% par toutes les autres spécialités.
Les femmes-médecins font confiance au THS: dans une étude suédoise, Mattsson rapporte que si 35% des Suédoises de 55 ans utilisent un THS, ce pourcentage monte à 68% chez les femmes conjointes de généralistes, 72% chez les femmes médecins généralistes, 86% chez les conjointes de gynécologues et même 88% chez les femmes gynécologues. Issacs rapporte que les femmes médecins britanniques qui se traitent suivent le traitement plus longtemps: 71% plus de 5 ans et 58% plus de 10 ans. Le pourcentage important de femmes traitées dans les populations médicales et paramédicales traduit une bonne information et un accès facilité aux soins. A la fois usagères et prescriptrices de traitements hormonaux, ces femmes médecins constituent un exemple encourageant et rassurant pour l'ensemble de la population féminine.
L’OBSERVANCE : " TALON D’ACHILLE " DU THS
Pour espérer conserver un bénéfice osseux significatif à 75 ans, on estime que le THS doit être poursuivi, au moins, 7 à 10 ans, ce qui est loin d’être le cas en pratique. Dans une étude du Massachussetts Women’s Health Survey, Veronica Ravnikar rapporte que sur 100 femmes à qui l’on prescrit un THS : 20 arrêtent le traitement avant 9 mois, 10 le prennent de façon irrégulière et 20 à 30 ne le commencent même pas ! D’autres enquêtes confirment les carences de l’observance de l’hormonothérapie substitutive. On estime que la moitié des utilisatrices arrêtent le traitement avant la fin de la seconde année.